Cette fois, le voyage touche a sa fin... Dans un peu plus d'une semaine je monterai a nouveau dans l'avion et un peu pls de 24h plus tard, je devrais etre de retour en France! Je vais essayer de maintenir ce blog a peu pres a jour jusqu'a la fin de mon aventura quiteña y ecuatoriana. Mais l'heure du bilan n'a pas encore sonné, así que... Bonne lecture, et n’hésitez pas à me faire part de vos réactions …

Monday, November 13, 2006

Misión: Puyo y Tena

Voyage professionnel!
7 au 9 novembre 2006

Au moment d’écrire ces lignes sur un petit cahier que je recopierai sur un petit clavier, je suis allongée dans un hamac coloré, sur le petit balcon de la cabane qui me sert de chambre, au bord d’un río, à écouter la pluie tomber. J’adore ce boulot !

Ça aurait pu être presque parfait, mais on est tombés pendant les fêtes de la province, Pastaza ; ce soir est visiblement celui des militaires qui ont paradé en silence en portant des pirogues qu’ils ont ensuite mises à l’eau dans le fleuve presque à sec. Et maintenant, sur la place en face, un chanteur de bal s’époumone devant un public visiblement peu disposé à danser, mais il ne s’arrête malheureusement pas à ce détail.


Retour en arrière. Je suis rentrée à Quito lundi matin après un long week-end à Cuenca, je comptais passer une journée bien peu active et une semaine tranquille. Mais en début d’après-midi, on m’annonce que je pars le lendemain pour Puyo et Tena, les premières villes dans l’Amazonie équatorienne, avec ma chef et le chauffeur pour visiter deux projets présélectionnés pour être financés par le programme. Donc, mardi matin, direction l’Amazonie jusqu’à jeudi soir !

Mardi matin, donc, 8h30 au bureau et c’est parti pour plusieurs heures de voiture, enfin plus exactement de 4X4 bien confortable. Et le bon côté de voyager avec ma chef, que je vais appeler ici AM pour faire plus court, c’est que le chauffeur est beaucoup plus prudent et que donc, les probabilités de se prendre un camion ou un bus en doublant sur la mauvaise voie diminuent significativement.

Pour le début du voyage, je connais la route, c’est l’avantage quand il n’y en a qu’une réellement praticable! D’habitude on aperçoit au loin les principaux volcans d’Equateur, mais ce matin ils sont restés sous les nuages.
On quitte la Panaméricaine, l’axe routier à peu près nord – sud du pays, un peu après Ambato, et on passe la cordillère orientale pour arriver peu à peu vers l’Amazonie. On se dirige vers l’est, le paysage change, l’altitude diminue et la température augmente. Cette fois les montagnes ne sont plus lointaines, la route passe par une vallée entièrement verte d’immenses montagnes dont le sommet est caché dans les nuages. Partout un vert profond domine, on continue de circuler ainsi, tout en bas, entre ces imposants colosses.

Le plus impressionnant reste de passer au pied du Tungurahua, ce volcan en alerte depuis des années et qui s’est mis à cracher des cendres, des pierres et de la lave depuis cet été. Bon, il crache plus de cendres que de lave, mais il y a quand même eu une immense coulée, maintenant invisible sous les cendres, qui a dévalé la pente, tout brûlé sur son passage et recouvert la route par laquelle nous passons. C’est vraiment un paysage étrange que l’on traverse pendant quelques centaines de mètres, tout est gris et poussiéreux et il n’y a plus aucune trace de vie, plus rien de ce vert qui domine partout ailleurs.

(cette belle photo n'est pas de moi, et le volcan s'est un peu calmé depuis...)


Et un peu plus loin, la petite ville de Baños est toujours là, aujourd'hui elle porte peu de traces de l’éruption mais, selon des touristes français rencontrés à Cuenca, la semaine dernière encore les gens devaient, le matin, balayer devant leurs portes les cendres tombées dans la nuit.

Le voyage continue à mesure que la température monte et que la pluie commence à tomber. On m’explique qu’avant la récente construction des tunnels sous les montagnes par lesquels on passe, il fallait emprunter une route au bord du précipice qui est à droite, environ 3m en double voie. Mais maintenant ce n’est plus aussi drôle ; j’aperçois tout de même un large fleuve qui coule entre deux étendues de forêt sous un ciel noir, un paysage mythique.
Bien sûr, on n’est qu’à la lisière de l’Amazonie, mais justement la transition entre la sierra et l’oriente offre des paysages magnifiques, la route passe par des montagnes immenses recouvertes de végétation, d’où on surplombe une forêt qui s’étend à perte de vue.
On arrive ensuite à Puyo, capitale de la province de Pastaza, et en sortant de la voiture la chaleur est surprenante et surtout très humide. On est tout de même là pour bosser, alors réunion tout l’après-midi, puis dîner et me revoilà dans mon hamac. L’horrible musique s’est arrêtée, je vais pouvoir aller me coucher et entendre la pluie tomber.


Je reprends depuis Quito le récit de mes premières aventures amazoniennes. Le mercredi matin, visite d’une première communauté dans les environs de Puyo, puis du centre communautaire qui est censé servir de base à leur projet d’écotourisme. Et là, je réalise l’intérêt des visites de terrain avant de sélectionner un projet ! Pour expliquer rapidement, le projet qui nous est envoyé doit normalement être élaboré de manière participative entre les membres des communautés concernées et l’équipe technique. Mais ce jour là, les quelques campesinos présents à la réunion le sont presque tous par hasard, et certains n’ont même jamais entendu parler du projet ! Les trois ou quatre femmes qui se sont jointes à nous n’étaient en fait là que pour nous préparer l’almuerzo que l’on déguste ensuite : du poulet cuisiné dans des feuilles de palme et cuit sur le feu, servi avec du manioc.



Après cette première visite assez peu concluante, on se dirige vers Tena pour la seconde. La distance entre les deux villes doit être relativement courte, mais il nous faut des heures pour la franchir sur une route qui est plutôt un chemin poussiéreux et plein de trous. En bus, je n’ose pas imaginer ce que ça donnera, mais au moins je serai préparée pour quand je reviendrai ! On s’arrête un peu avant Tena, dans un village nommé Santa Clara, qui n’a rien d’exceptionnel à part un maire pas très compétent en matière de finances publiques : il a décidé d’offrir à la ville un « petit luxe », ce sont ces mots, et de refaire entièrement à neuf tous les trottoirs, qui étaient encore en très bon état, et une partie des rues en pavés de couleur. Ça paraît insignifiant comme ça, mais c’est une réelle aberration : il va dépenser une somme d’argent colossale dans un projet totalement inutile qui ne bénéficiera qu’aux habitants du centre peuplé, alors qu’il y a tant d’autres choses à faire notamment pour désenclaver un peu les communautés qui vivent loin de ce centre mais appartiennent à cette même commune. Encore un qui, selon les mots de ma chère chef, pense que le développement c’est mettre du béton partout.
Après la réunion on se dirige vers Tena pour y dormir, la ville est plus grande que Puyo, également articulée autour du fleuve qui la traverse, mais à part ça je n’ai pas eu le temps d’en voir grand-chose.

Pour le dernier jour, visite de la communauté la plus reculée de toutes celles qui participent au projet, à une heure de marche selon nos guides. Ce qui, on s’y attend, signifie deux bonnes heures ! Ça commence par une heure de chemin à peu près praticable en voiture, et là je comprends enfin l’utilité de l’énorme 4X4 qui nous sert de moyen de transport, parce qu’à Quito franchement, je ne voyais pas… On commence à marcher alors que le soleil n’est pas encore trop fort, et heureusement, parce qu’il fait déjà une chaleur intense, surtout très humide. Le chemin n’est pas non plus impraticable, mais c’est boueux et ça me rend la tâche un peu plus difficile. D’où la tête que je fais sur les photos qu’AM s’amuse à prendre toutes les 5 minutes ! Mais je le promets, je les mettrai tout de même ici dès que je les aurai, parce que le cadre en vaut la peine. On n’a pas franchement le temps de faire du tourisme, de s’attarder sur la végétation on d’attendre que les singes et les oiseaux que l’on entend veuillent bien se montrer, puis qu’ils nous attendent en haut pour la réunion. Au passage, ce chemin qui pour nous mériterait une journée de rando et nous laissera complètement crevés et courbaturés pour les quelques jours à venir, est celui qu’empruntent les habitants quand ils veulent sortir de la communauté : les femmes pour aller acheter ce que la forêt ne fournit pas, les jeunes les plus courageux pour aller au collège, certains hommes pour aller travailler. Sauf qu’ils sont tous quatre fois plus rapides que nous, et que je ne sais par quel miracle ils ne se salissent même pas !
Après une bonne heure et demie de marche, quelques ponts et pas mal de paysages absolument magnifiques, on arrive dans la communauté : un grand terrain central avec deux buts de foot et un filet de volley, et une dizaine de maisons construites autour, une école relativement moderne mais désertée des gamins qui préfèrent jouer dehors. C’est seulement pour aujourd'hui, nous explique-t-on, d’habitude ils sont à l’école jusqu’à midi ! Malheureusement, on reste sceptiques…



Dès notre arrivée une femme nous offre une énorme tasse de chicha, une boisson traditionnelle à base de manioc qu’AM me conseille, en français, de jeter discrètement. Je goûte quand même, mais c’est vraiment imbuvable ! Et encore, elle me dit que celle là est loin d’être la pire, normalement c’est beaucoup plus amer. C’est vrai que traditionnellement, les femmes la préparent en mastiquant et recrachant le manioc pour accélérer la fermentation ; mais cette fois j’ai de la chance, pas de mastication et elle est faite avec de l’eau purifiée ! Je réussis finalement à m’en débarrasser mais notre hôte n’était pas facile à feinter !
La réunion qui suit me paraît bien longue, c’est un peu difficile de se concentrer vu nitre état physique mais on s’en sort tout de même et en début d’après-midi, c’est reparti pour le même chemin en sens inverse. Il faut être honnête, on a quand même eu énormément de chance parce qu’il n’a pas plu et que le soleil aurait pu être beaucoup plus fort ! Donc, pour mon baptême amazonien, les meilleures conditions étaient réunies…



On reprend la route pour Quito, en passant trop rapidement dans Tena où des festivités commencent. Mais on était là pour bosser, ne l’oublions pas ! Les paysages sont magnifiques, à mesure que l’on remonte en altitude on surplombe d’autres montagnes recouvertes de forêt, où viennent s’accrocher les nuages. Ce qui est moins drôle c’est que rapidement on se retrouve dans les nuages, enfin plus précisément dans la neblina, entre nuages et brouillard très épais. Et ne pas voir la route quand elle est aussi mauvaise, ce n’est pas franchement rassurant ! Mais je commence à faire confiance au chauffeur qui connaît le pays comme sa poche, de toutes façons je n’ai pas vraiment d’autre option, et à tenter de profiter du paysage.
On remonte la cordillère et au point le plus haut, il fait cinq degrés, ce qui pour les équatoriens qui m’accompagnent signifie un froid extrême. Donc, j’ai la confirmation que l’hiver à Quito ne sera pas trop rude, juste pluvieux. On arrive enfin dans le Districto Metropolitano de Quito, retour à la brutale civilisation avec ses lumières, ses bruits, la pollution et… la pluie !

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