Cette fois, le voyage touche a sa fin... Dans un peu plus d'une semaine je monterai a nouveau dans l'avion et un peu pls de 24h plus tard, je devrais etre de retour en France! Je vais essayer de maintenir ce blog a peu pres a jour jusqu'a la fin de mon aventura quiteña y ecuatoriana. Mais l'heure du bilan n'a pas encore sonné, así que... Bonne lecture, et n’hésitez pas à me faire part de vos réactions …

Monday, November 27, 2006

El pueblo unido jamás será vencido…

26 novembre 2006

On en parle même dans la presse française… Et bien que pour le moment seulement la moitié des bulletins de vote aient été dépouillés, toutes les estimations le donnent vainqueur à environ 57% contre 43% pour Noboa : Rafael Correa est le nouveau président de l’Equateur.

Et c’est une bonne nouvelle ! Même si je n’adhére pas à toutes ses idées, il est au moins un peu à gauche, déterminé à ne plus accepter n’importe quoi de la part des Etats-Unis et à faire enfin profiter les Equatoriens des innombrables richesses de leur pays.


Rafael Correa - photo Reuters

Et sa victoire est d’autant plus belle que la défaite de son adversaire, Alvaro Noboa le magnat de la banane, est cuisante : malgré toutes les forces qu’il a jetées dans la « campagne sale », tous les ordinateurs distribués aux écoles devant les caméras et tous les votes achetés à coups de billets de 5$, toutes les tentatives de manipulation et les discours populistes où il se prend pour le Messie, l’homme le plus riche du pays vient d’échouer aux portes du palais présidentiel pour la troisième fois.


Hier, les Equatoriens ont montré que leur pays n’était pas à vendre et que, malgré les faiblesses de cette démocratie parfois vacillante, leurs voix ne pouvaient pas toutes s’acheter… Un réveil démocratique de plus en Amérique Latine, je l’espère, puisqu’il reste maintenant à Correa à tenir ses promesses et à rester au pouvoir plus de 6 mois, les deux étant bien difficiles à concilier !

En attendant, hier c’était la fiesta à Quito où pour une fois il n’a même pas plu, la capitale ayant massivement soutenu ce candidat alors que Noboa est traditionnellement plus puissant sur la côte. On a passé la soirée devant le QG de campagne avec des centaines de sympathisants, sous les drapeaux verts et les drapeaux équatoriens, entre les concerts et les slogans en attendant la venue del nuevo Presidente de la República del Ecuador. Qui s’est fait un peu attendre mais est enfin apparu pour faire un beau discours, prometteur et reprenant les principales promesses de sa campagne. Un peu d’espoir dans un pays qui vient de choisir de ne pas s’enfoncer un peu plus dans la dépendance et la pauvreté, mais qui veut relever la tête et « recuperar la patria ».

Même si aucune comparaison n’est vraiment possible, j’espère que l’issue des prochaines élections présidentielles que je vivrai, de loin cette fois, sera au moins aussi satisfaisante et réfléchie…

PS : désolée, il n’y a pas de photos mais patience… je vais piquer celles de Kristell ! En échange je fais de la pub : http://akristell.canalblog.com/

re - PS: mea culpa, je ne veux pas corrompre le concours blog-stats! Donc pour les photos, c'est le blog de Kristell et pour l'analyse politique en espagnol et les fotos de bestioles diverses, c'est le blog d'Oli (même s'il ne faut pas croire tout ce qu'il dit sur moi dans ses commentaires...): http://olivierhidalgo.blogspot.com/

Une nouvelle journée dans un autre monde…

25 novembre 2006
Ce samedi, pas motivés pour une expédition trop compliquée et décidés à rester sur Quito en ce dimanche électoral, on se dirige vers le site mythique de la « Mitad del Mundo ».

Il s’agit de l’endroit à peu près exact où passe la ligne de l’Equateur, à une petite heure au nord de Quito, aménagé en énorme complexe touristique pour nationaux et internationaux. Notre délégation franco-belgo-suisso-japonaise galère d’abord un peu pour trouver le bus qui s’y rend, mais en fin de matinée on arrive enfin devant les grilles qui nous séparent de la ligne du milieu du monde et des quelques musées, à ce qu’on nous a dit plutôt intéressants, qui l’entourent.

Mais en attendant, on décide de se rendre au cratère de Pululahua, situé à quelques kilomètres de là, le seul cratère volcanique habité du monde selon nos guides. Même pas besoin d’attendre un bus, une camionnette qui nous voit attendre sur le bord de la route nous propose de nous conduire à peu près où on veut, pour un prix raisonnable au final. On arrive donc rapidement au belvédère qui offre une vue magnifique sur tout le cratère, tout y est étonnement vert et les quelques maisons parsemées sont entourées de larges parcelles cultivées.


On prend le temps d’admirer le paysage encore un peu dégagé, et de déguster un petit encas typiquement équatorien : dans un petit sac en plastique servant d’assiette, du maïs, du maïs et encore du maïs, sous quelques unes des nombreuses formes qu’il prend ici : bouilli je crois, frit et grillé. Le tout accompagné d’un peu de tomates et de quelques chiffles, les chips de banane plantain. Voilà pour le premier quart d’heure gastronomique.
Nos nouvelles amies suisse et japonaise nous abandonnent quand on parle de descendre dans le cratère : une demi-heure de descente et une heure et demie de remontée, ce qui, traduit de l’équatorien, signifie deux bonnes heures ! Il faut d’abord payer des droits d’entrée, toujours plus chers pour les étrangers, mais avec Kristell on est devenues des expertes de la négociation cédula à la main, même si on est les seules de notre groupe à l’avoir !


Notre descente commence dans un paysage vraiment hallucinant. Tout est tellement différent de notre vie quotidienne à Quito : pas de bruits, pas de pollution, pas de campagne électorale, juste un ou deux avions qui passent au dessus de nos têtes. En descendant on croise les habitants d’en bas, ils sont en train de réparer le chemin qui par endroits a été emporté par la pluie. Et là on se demande où va l’argent de nos droits d’entrée, puisque eux nous affirment ne jamais en voir la couleur, et qu’il n’est même pas employé pour réparer la seule route qui relie la communauté au monde extérieur. La gestion des finances publiques en Equateur restera un mystère…


En arrivant en bas, on fait un petit tour de la communauté, on joue les gamins aventuriers dans une vieille maison coloniale abandonnée et on finit à boire un jugo dans le seul hôtel du village où ils ont même un jeu de la grenouille ! Les vues du fond de ce cratère sont au moins aussi impressionnantes que le paysage vu d’en haut, on est entourés par les parois du cratère auxquelles s’accrochent les nuages qui le recouvrent désormais tout entier. Evidemment, une journée sans pluie près de Quito n’est pas imaginable, et on n’y échappe pas en remontant. Le chemin grimpe sec mais je réussis à retourner vivante à la civilisation, abandonnant ce magnifique paysage dans les nuages…



On redescend ensuite à la Mitad del Mundo mais, se déclarant trop crevés pour visiter le moindre musée, on choisit l’option déjeuner à quatre heures de l’après-midi. Moi je teste le plat visiblement typique du village, le llapingacho : tortilla de papas, œuf au plat, viande de porc et verde dulce (la banane plantain sucrée), petite salade et évidemment du riz. Le tout accompagné d’un jus de tomate de arból, donc je ne suis définitivement pas fan…

Le retour sur Quito est un peu laborieux, enfin surtout le retour dans le bon quartier ! Cette ville est franchement immense et je suis encore loin de bien la connaître… Cette journée dans un autre monde nous laisse bien fatigués et s’achève sur une tranquille soirée DVD !

Tuesday, November 21, 2006

Fiesta y playa en Tonsupa!

18 et 19 novembre 2006
Ce week-end, nous échappons à la pluie et la grisaille qui sont le lot quotidien à Quito depuis quelques semaines. Direction la province d’Esmeraldas, au nord de la côte équatorienne, pour un week-end dans la maison d’un ami d’une amie d’une amie…



On part vendredi soir de Quito vers minuit et, après une nuit pas trop mauvaise, on arrive dans un petit village entre la ville d’Esmeraldas et Atacames, Tonsupa. Ce n’est pas encore le grand soleil, mais c’est déjà beaucoup plus chaud que la Sierra et les paysages sont bien sûr complètement différents. Les gens aussi : une grande partie de la population noire du pays vit dans cette province où ils sont, selon la légende, les descendants des survivants d’un navire négrier espagnol naufragé au 17° siècle. On pourrait donc tout autant être dans un petit village côtier africain, au moins pour ce qu’on voit au bord de la route. Parce qu’après les constructions changent, et d’immondes immeubles pour riches touristes venus de Quito font face à l’océan.

En attendant, on arrive dans la maison qui va nous accueillir pendant deux jours et on réussit même à trouver des lits pour tout le monde ! Après un grand petit déjeuner a quinze, qui forcément dure un peu, on se dirige enfin vers la plage. Contrairement à Puerto Lopez où je suis allée il y a plus d’un mois, ici ce n’est pas une plage sauvage mais bien aménagée, bordée d’hôtels, restaurants, et pleine de vendeurs ambulants et de petites cabanes à ceviche.



Programme de la journée : rien. Baignade dans les eaux chaudes du Pacifique, foot et volley sur la plage pour les plus courageux et sieste à l’ombre des palmiers pour les plus fatigués ! L’eau était vraiment excellente et avec de bonnes petites vagues, un seul bémol cependant, quand tout est parfait ce n’est pas drôle : de petites méduses qui piquent, la première fois ça surprend et pour toutes les autres ça reste bien désagréable.
Pour la fin de la journée, joli coucher de soleil même s’il n’est pas exactement sur l’océan, et retour à la maison. Mauvaise surprise, l’eau y est coupée le soir mais on s’arrange pour aller se doucher dans la maison en construction d’un voisin ! De toutes façons il va falloir s’habituer parce que le lendemain se révèle pire sur ce plan: pas d’eau ni d’électricité dans toute la ville.

La soirée commence par des jeux de cartes, le mythique « cuarenta » équatorien, et un dîner tous ensemble en casa : pas de grande gastronomie équatorienne mais pour mettre toutes les nationalités d’accord, Allemands, Autrichiens, Suisses, Equatoriens, Colombiens et Français, rien de tel qu’un bon plat de pâtes !

Après tout ça, direction la playa pour faire la fiesta, autour d’un feu miraculeusement allumé sur le sable mouillé !

Et notre grand moment de la soirée reste notre bain de minuit : Kristell et moi avons été les premières à honorer cette tradition visiblement bien française, vu que personne ne nous a suivies ! La Lune et les étoiles étaient malheureusement invisibles mais les méduses, elles, n’étaient pas couchées… Les grands oiseaux blancs qui volent à la surface de l’eau sont moins agressifs, et la mer toute noire est au moins aussi magnifique que quand le soleil lui donne sa couleur verte.

Bref, le bain de minuit dans le Pacifique, c’est franchement excellent ! À tel point qu’on a même réussi à convaincre les autres et à y retourner deux heures plus tard.

Le réveil du dimanche matin est forcément un peu difficile, il est en plus matinal puisqu’on avait décidé d’aller à la « playa escondida », une plage bien éloignée. Mais finalement notre organisation a faibli et après le petit déj’, il est déjà trop tard pour y passer suffisamment de temps. Nouvelle journée sur notre plage de la veille, on aurait pu faire un peu plus varié mais on a choisi d’aller au plus simple : baignade, siesta, milk shake aux fruits locaux et jeux de baballes dans l’eau et sur le sable…



Le soir venu, il faut penser à rentrer à Quito… Cette fois on n’a absolument rien prévu pour le retour, donc on improvise et on trouve un bus à Atacames qui nous fait arriver à Quito à 4h30 du matin. Après ça la journée s’annonce difficile, mais finalement je n’ai pas eu le courage de sortir de mon lit pour aller au boulot à 9h… Bon, être malade un lundi matin, ce n’est pas ce que j’ai inventé de plus crédible mais pour ce que j’ai à faire en ce moment au boulot, ce n’était pas non plus dramatique !

Promis, le week-end prochain sera plus sage, à moins que ce dimanche électoral ne nous réserve des surprises…

Qui a parlé d'éternel printemps?

Selon le dicton équatorien, à Quito on peut expérimenter les 4 saisons en une seule journée.

Dicton... vérifié. Comme je n'ai rien de mieux à faire que regarder par la fenêtre, je vais vous raconter ce que j'y vois. Evidemment je n'ai pas d'appareil photos sous la main, c'est bien dommage parce que je n'ai jamais vu un tel déluge de grêle! Le temps a changé en quelques minutes, il faisait un soleil étonnant puisque depuis 2 semaines c'est pluie non-stop, et d'un seul coup des gouttes d'eau ont commencé à tomber, suivies de grêlons au moins gros comme des grêlons, sortis de nulle part, et d'un bel orage qui résonne dans ces montagnes...

Voilà pour les nouvelles les plus intéressantes! Pour me remettre de tout ça, j'essaie de poster au plus vite le récit et les photos de mon super week-end à la plage!

Hé oui, l'énorme avantage de ce petit pays, c'est que quand on en a marre de l'hiver, on monte dans un bus et hop, quelques heures plus tard nous voilà en été... Je vous laisse méditer là dessus depuis la grisaille normande ou l'hiver tchèque, entre autres!

Wednesday, November 15, 2006

Little problem technique!

Je n'arrive décidément pas a illustrer le post sur Cuenca, les photos font de la resistance et ne veulent pas être publiées entre mes longues lignes de texte... Donc, il va falloir beaucoup de courage à ceux qui veulent en venir à bout, j'en suis désolée!

Mais j'ai tout de même réussi à les mettre sur mon espace perso de messenger, si vous avez l'occasion d'y faire un tour : l'adresse est originale, c'est mon prénom.nom@hotmail.com (ne cliquez pas sur le lien, remplacez!)

Celles du parc Cajas valent le détour, si ca peut vous motiver!

Tuesday, November 14, 2006

Je rattrape un peu de retard...

Dimanche 1 octobre : le Cotopaxi

Le train est à 8h, mais on nous a dit qu’il fallait arriver avec beaucoup d’avance. Donc, rendez-vous à 6h près de chez Pauline et Oli, à cette heure matinale Quito est encore endormie et seuls les vrais sportifs courent déjà dans la Carolina, un des principaux parcs de la ville. Natalia est malade, on n’y va donc que tous les trois, après un petit moment de doute.

Taxi jusqu’à la gare perdue au sud, on arrive vers 6h30 et là, personne. Tout est fermé, et le quartier n’est pas vraiment accueillant. Il y a une voiture avec trois types bizarres qui stationne juste devant nous, c’est louche tout ça, et les gardes du Trolley trouvent visiblement très drôle notre situation. Là, nouveau moent de doute, qu’est-ce qu’on fait là exactement, à se geler dehors à même pas 7h du matin, à l’autre bout de la ville ?



La gare finit par ouvrir, les passagers par arriver ; on prend notre ticket dans les premiers mais ça ne nous servira pas à grand-chose. En effet, après l’attente en rangs de l’autre côté d’une horrible porte qui nous prive du soleil levant, on peut enfin se diriger vers le train qui semble nous attendre. Mais, Ô déception, c’est en fait en bus que l’on commencera notre voyage. Donc, bus pour sortir de Quito, pendant près d’une heure. Quand on finit enfin par arriver, au milieu de nulle part, à l’endroit où l’on rencontre notre train, il est déjà bien rempli. Ça n’était peut-être pas très clair jusque là, alors petite mise au point sur le train en Equateur : ce n’est pas du tout le mode de transport rapide et pratique que l’on connaît en France, ici c’est le bus qui remplit cette fonction de moyen de transport principal pour parcourir le pays, même si les bus ne sont ni rapides ni pratiques ; l’infrastructure ferroviaire n’est donc absolument pas développée, il doit y avoir en tout et pour tout quatre petites lignes dans le pays qui fonctionnent très irrégulièrement et dont l’intérêt et surtout pour les touristes. En même temps vu la géographie du pays, on comprend que ce ne soit pas facile de faire circuler des rails entre ces montagnes ou au milieu de la forêt amazonienne. Donc, pour en revenir à mon récit, l’intérêt du train n’est donc pas de parcourir des longues distances le plus rapidement possible mais bien de profiter du paysage, et cet intérêt est bien moindre si l’on ne parvient pas à monter sur le toit du fameux train.
Nous arrivons en gare, donc, et Pauline réussit à se faufiler, enfin plutôt à jouer des coudes, à se hisser vaillamment sur le toit et à nous garder des places. Le toit pris d’assaut est rapidement bondé, mais le voyage ne sera pas trop inconfortable, malgré les jambes qui dépassent et qui risquent qu détour d’un virage de rester sur le bord de la route.
Nous voilà donc sillonnant la campagne du Pichincha, la province de Quito, à saluer les gens sur le bord de la voie, et la plupart nous répondent, amusés. Le paysage est d’abord étonnement vert, on est quand même près des 3 000m d’altitude, avec ses petites habitations faites de matériaux divers parsemées le long de la voie, bordées de petites parcelles cultivées et d’animaux, surtout des cochons et des vaches. Pas très exotique, tout ça, enfin on croise quand même un lama qui sauve notre safari.
Le voyage se poursuit tranquillement, la végétation devient plus sèche et le jaune la couleur dominante. On se rapproche du paramo, ce milieu naturel semi désertique qui domine dans les hauteurs.Après une heure et demi de train, on s’arrête dans une petite gare perdue au milieu des montagnes : nouvelle halte semble-t-il, mais finalement tout le monde descend, c’est notre terminus. Après une tentative d’approche d’un groupe de lamas peu coopérants, il faut négocier un pick-up jusqu’au Parc National du Cotopaxi.



Sur le chemin, et pendant plus d’une heure, il commence réellement à faire froid. Le parc a l’air immense mais la piste est très empruntée, une vraie route équatorienne, du coup je n’ai pas vraiment l’impression d’être perdue au milieu d’un des rares endroits un peu préservés en Equateur. Les vues sont tout de même chaque fois un peu plus belles, et de temps en temps la couverture de nuages qui coiffe le volcan, le Cotopaxi pour ceux qui n’auraient pas suivi, se dissipe ; on peut alors voir la partie enneigée au sommet à plusieurs reprises. Une chance, il paraît qu’elle reste souvent cachée !


A la descente de la camioneta, on est à … 4 500m d’altitude. Autant dire qu’il ne fait pas très chaud, mais la basse température n’est pas le plus difficile à supporter. Après seulement quelques pas, je découvre le manque d’oxygène ! C’est plutôt violent, et ma très moyenne condition physique ( ! ) n’arrange pas les choses. On décide de tenter l’ascension, enfin jusqu’au refuge qui est à 300m plus haut. Petite précision : c’est 300m en dénivelé, je ne sais pas exactement combien ça fait en distance mais c’est long, très long ! Le manque d’air est vraiment une sensation bizarre : déjà à Quito, qui est tout de même à 2 800m, je suis essoufflée plus rapidement mais là, on ne peut même pas respirer à fond parce qu’il n’y a pas suffisamment d’oxygène pour remplir les poumons aussi vite. Les muscles en reçoivent donc moins eux aussi, donc chaque pas coûte un effort beaucoup plus grand et ça devient vite littéralement épuisant. L’avantage, c’est que je dois m’arrêter très souvent et que ça laisse le temps d’admirer le paysage… volcanique ! Autour, évidemment pas de végétation, juste un sol rocailleux couleur rouge sombre : la lave, j’imagine. Au loin c’est un peu plus vert, mais ça reste désert.


Après un peu plus d’une heure, j’atteins enfin le refuge à un peu plus de 4 800m et là, devant un délicieux chocolat chaud, je retrouve ma lucidité : on est à l’altitude du Mont Blanc ! Bon, d’accord, on n’a gravi que 300m, et il fait beaucoup moins froid que dans les Alpes ; mais tout de même, pour monter à cette altitude, normalement il faut être un peu entraîné…


Rapidement il faut redescendre, le chauffeur nous assure qu’on peut avoir notre train du retour. La descente est plus rapide et aussi beaucoup plus drôle, on fait des pas de géant qui s’enfoncent dans le sol poussiéreux, je ne sais pas ce qu’en pense l’apesanteur mais j’ai un peu l’impression de marcher sur la Lune ! Malgré notre descente en flèche, on réalise en bas qu’il reste plus d’une heure de voiture pour arriver à la gare d’où notre train part dans moins d’une demi-heure, donc ça risque d’être un peu just. Tant pis pour le train, on tentera d’arrêter un bus qui remonte à Quito une fois sortis du parc.
En attendant, on fait un peu connaissance avec les autres voyageurs avec qui on partage le pick-up depuis le matin. Il y a 2 Américaines, une Brésilienne avec un Bolivien qui, évidemment, ne comprend pas le mal de l’altitude, et un Espagnol en vacances avec 3 Equatoriens. Et c’est reparti pour revivre en live la moitié des matchs de foot de la coupe du monde : l’Espagnol n’est pas trop rancunier, la Brésilienne un peu plus mais elle ne parle pas aussi fort. Pas d’Italiens à bord…


On finit par gagner la route et nous voilà à 11 sur le bord de la route, aucun bus ne veut s’arrêter. On finit par tendre le pouce à tout ce qui passe et là, un espèce de camion à bestiaux mais vide s’arrête. Je ne sais pas vraiment comment le décrire mais je cherche encore la photo, enfin on réussit à monter tous à l’arrière et c’est même relativement confortable, sauf quand la pluie s’en mêle. On arrive sans trop d’encombres à Quito, de là on trouve un bus on the way back home.
Journée géniale et épuisante, et j’ai gardé pendant un moment les séquelles du soleil du Cotopaxi : un coup de soleil mémorable, mon nez a mis de longs jours à s’en remettre !

Monday, November 13, 2006

Misión: Puyo y Tena

Voyage professionnel!
7 au 9 novembre 2006

Au moment d’écrire ces lignes sur un petit cahier que je recopierai sur un petit clavier, je suis allongée dans un hamac coloré, sur le petit balcon de la cabane qui me sert de chambre, au bord d’un río, à écouter la pluie tomber. J’adore ce boulot !

Ça aurait pu être presque parfait, mais on est tombés pendant les fêtes de la province, Pastaza ; ce soir est visiblement celui des militaires qui ont paradé en silence en portant des pirogues qu’ils ont ensuite mises à l’eau dans le fleuve presque à sec. Et maintenant, sur la place en face, un chanteur de bal s’époumone devant un public visiblement peu disposé à danser, mais il ne s’arrête malheureusement pas à ce détail.


Retour en arrière. Je suis rentrée à Quito lundi matin après un long week-end à Cuenca, je comptais passer une journée bien peu active et une semaine tranquille. Mais en début d’après-midi, on m’annonce que je pars le lendemain pour Puyo et Tena, les premières villes dans l’Amazonie équatorienne, avec ma chef et le chauffeur pour visiter deux projets présélectionnés pour être financés par le programme. Donc, mardi matin, direction l’Amazonie jusqu’à jeudi soir !

Mardi matin, donc, 8h30 au bureau et c’est parti pour plusieurs heures de voiture, enfin plus exactement de 4X4 bien confortable. Et le bon côté de voyager avec ma chef, que je vais appeler ici AM pour faire plus court, c’est que le chauffeur est beaucoup plus prudent et que donc, les probabilités de se prendre un camion ou un bus en doublant sur la mauvaise voie diminuent significativement.

Pour le début du voyage, je connais la route, c’est l’avantage quand il n’y en a qu’une réellement praticable! D’habitude on aperçoit au loin les principaux volcans d’Equateur, mais ce matin ils sont restés sous les nuages.
On quitte la Panaméricaine, l’axe routier à peu près nord – sud du pays, un peu après Ambato, et on passe la cordillère orientale pour arriver peu à peu vers l’Amazonie. On se dirige vers l’est, le paysage change, l’altitude diminue et la température augmente. Cette fois les montagnes ne sont plus lointaines, la route passe par une vallée entièrement verte d’immenses montagnes dont le sommet est caché dans les nuages. Partout un vert profond domine, on continue de circuler ainsi, tout en bas, entre ces imposants colosses.

Le plus impressionnant reste de passer au pied du Tungurahua, ce volcan en alerte depuis des années et qui s’est mis à cracher des cendres, des pierres et de la lave depuis cet été. Bon, il crache plus de cendres que de lave, mais il y a quand même eu une immense coulée, maintenant invisible sous les cendres, qui a dévalé la pente, tout brûlé sur son passage et recouvert la route par laquelle nous passons. C’est vraiment un paysage étrange que l’on traverse pendant quelques centaines de mètres, tout est gris et poussiéreux et il n’y a plus aucune trace de vie, plus rien de ce vert qui domine partout ailleurs.

(cette belle photo n'est pas de moi, et le volcan s'est un peu calmé depuis...)


Et un peu plus loin, la petite ville de Baños est toujours là, aujourd'hui elle porte peu de traces de l’éruption mais, selon des touristes français rencontrés à Cuenca, la semaine dernière encore les gens devaient, le matin, balayer devant leurs portes les cendres tombées dans la nuit.

Le voyage continue à mesure que la température monte et que la pluie commence à tomber. On m’explique qu’avant la récente construction des tunnels sous les montagnes par lesquels on passe, il fallait emprunter une route au bord du précipice qui est à droite, environ 3m en double voie. Mais maintenant ce n’est plus aussi drôle ; j’aperçois tout de même un large fleuve qui coule entre deux étendues de forêt sous un ciel noir, un paysage mythique.
Bien sûr, on n’est qu’à la lisière de l’Amazonie, mais justement la transition entre la sierra et l’oriente offre des paysages magnifiques, la route passe par des montagnes immenses recouvertes de végétation, d’où on surplombe une forêt qui s’étend à perte de vue.
On arrive ensuite à Puyo, capitale de la province de Pastaza, et en sortant de la voiture la chaleur est surprenante et surtout très humide. On est tout de même là pour bosser, alors réunion tout l’après-midi, puis dîner et me revoilà dans mon hamac. L’horrible musique s’est arrêtée, je vais pouvoir aller me coucher et entendre la pluie tomber.


Je reprends depuis Quito le récit de mes premières aventures amazoniennes. Le mercredi matin, visite d’une première communauté dans les environs de Puyo, puis du centre communautaire qui est censé servir de base à leur projet d’écotourisme. Et là, je réalise l’intérêt des visites de terrain avant de sélectionner un projet ! Pour expliquer rapidement, le projet qui nous est envoyé doit normalement être élaboré de manière participative entre les membres des communautés concernées et l’équipe technique. Mais ce jour là, les quelques campesinos présents à la réunion le sont presque tous par hasard, et certains n’ont même jamais entendu parler du projet ! Les trois ou quatre femmes qui se sont jointes à nous n’étaient en fait là que pour nous préparer l’almuerzo que l’on déguste ensuite : du poulet cuisiné dans des feuilles de palme et cuit sur le feu, servi avec du manioc.



Après cette première visite assez peu concluante, on se dirige vers Tena pour la seconde. La distance entre les deux villes doit être relativement courte, mais il nous faut des heures pour la franchir sur une route qui est plutôt un chemin poussiéreux et plein de trous. En bus, je n’ose pas imaginer ce que ça donnera, mais au moins je serai préparée pour quand je reviendrai ! On s’arrête un peu avant Tena, dans un village nommé Santa Clara, qui n’a rien d’exceptionnel à part un maire pas très compétent en matière de finances publiques : il a décidé d’offrir à la ville un « petit luxe », ce sont ces mots, et de refaire entièrement à neuf tous les trottoirs, qui étaient encore en très bon état, et une partie des rues en pavés de couleur. Ça paraît insignifiant comme ça, mais c’est une réelle aberration : il va dépenser une somme d’argent colossale dans un projet totalement inutile qui ne bénéficiera qu’aux habitants du centre peuplé, alors qu’il y a tant d’autres choses à faire notamment pour désenclaver un peu les communautés qui vivent loin de ce centre mais appartiennent à cette même commune. Encore un qui, selon les mots de ma chère chef, pense que le développement c’est mettre du béton partout.
Après la réunion on se dirige vers Tena pour y dormir, la ville est plus grande que Puyo, également articulée autour du fleuve qui la traverse, mais à part ça je n’ai pas eu le temps d’en voir grand-chose.

Pour le dernier jour, visite de la communauté la plus reculée de toutes celles qui participent au projet, à une heure de marche selon nos guides. Ce qui, on s’y attend, signifie deux bonnes heures ! Ça commence par une heure de chemin à peu près praticable en voiture, et là je comprends enfin l’utilité de l’énorme 4X4 qui nous sert de moyen de transport, parce qu’à Quito franchement, je ne voyais pas… On commence à marcher alors que le soleil n’est pas encore trop fort, et heureusement, parce qu’il fait déjà une chaleur intense, surtout très humide. Le chemin n’est pas non plus impraticable, mais c’est boueux et ça me rend la tâche un peu plus difficile. D’où la tête que je fais sur les photos qu’AM s’amuse à prendre toutes les 5 minutes ! Mais je le promets, je les mettrai tout de même ici dès que je les aurai, parce que le cadre en vaut la peine. On n’a pas franchement le temps de faire du tourisme, de s’attarder sur la végétation on d’attendre que les singes et les oiseaux que l’on entend veuillent bien se montrer, puis qu’ils nous attendent en haut pour la réunion. Au passage, ce chemin qui pour nous mériterait une journée de rando et nous laissera complètement crevés et courbaturés pour les quelques jours à venir, est celui qu’empruntent les habitants quand ils veulent sortir de la communauté : les femmes pour aller acheter ce que la forêt ne fournit pas, les jeunes les plus courageux pour aller au collège, certains hommes pour aller travailler. Sauf qu’ils sont tous quatre fois plus rapides que nous, et que je ne sais par quel miracle ils ne se salissent même pas !
Après une bonne heure et demie de marche, quelques ponts et pas mal de paysages absolument magnifiques, on arrive dans la communauté : un grand terrain central avec deux buts de foot et un filet de volley, et une dizaine de maisons construites autour, une école relativement moderne mais désertée des gamins qui préfèrent jouer dehors. C’est seulement pour aujourd'hui, nous explique-t-on, d’habitude ils sont à l’école jusqu’à midi ! Malheureusement, on reste sceptiques…



Dès notre arrivée une femme nous offre une énorme tasse de chicha, une boisson traditionnelle à base de manioc qu’AM me conseille, en français, de jeter discrètement. Je goûte quand même, mais c’est vraiment imbuvable ! Et encore, elle me dit que celle là est loin d’être la pire, normalement c’est beaucoup plus amer. C’est vrai que traditionnellement, les femmes la préparent en mastiquant et recrachant le manioc pour accélérer la fermentation ; mais cette fois j’ai de la chance, pas de mastication et elle est faite avec de l’eau purifiée ! Je réussis finalement à m’en débarrasser mais notre hôte n’était pas facile à feinter !
La réunion qui suit me paraît bien longue, c’est un peu difficile de se concentrer vu nitre état physique mais on s’en sort tout de même et en début d’après-midi, c’est reparti pour le même chemin en sens inverse. Il faut être honnête, on a quand même eu énormément de chance parce qu’il n’a pas plu et que le soleil aurait pu être beaucoup plus fort ! Donc, pour mon baptême amazonien, les meilleures conditions étaient réunies…



On reprend la route pour Quito, en passant trop rapidement dans Tena où des festivités commencent. Mais on était là pour bosser, ne l’oublions pas ! Les paysages sont magnifiques, à mesure que l’on remonte en altitude on surplombe d’autres montagnes recouvertes de forêt, où viennent s’accrocher les nuages. Ce qui est moins drôle c’est que rapidement on se retrouve dans les nuages, enfin plus précisément dans la neblina, entre nuages et brouillard très épais. Et ne pas voir la route quand elle est aussi mauvaise, ce n’est pas franchement rassurant ! Mais je commence à faire confiance au chauffeur qui connaît le pays comme sa poche, de toutes façons je n’ai pas vraiment d’autre option, et à tenter de profiter du paysage.
On remonte la cordillère et au point le plus haut, il fait cinq degrés, ce qui pour les équatoriens qui m’accompagnent signifie un froid extrême. Donc, j’ai la confirmation que l’hiver à Quito ne sera pas trop rude, juste pluvieux. On arrive enfin dans le Districto Metropolitano de Quito, retour à la brutale civilisation avec ses lumières, ses bruits, la pollution et… la pluie !

Friday, November 10, 2006

Feriado en Cuenca

Week end à Cuenca,
2 au 5 novembre 2006



Mercredi soir, 22h. Au terminal de bus de la Panamericana Internacional, l’ambiance est au départ en week-end. Quelle bonne idée, pour un voyage d’une dizaine d’heures, d’avoir choisi cette compagnie un peu luxueuse, bien que presque au même prix que les autres. C’est la première fois dans un bus équatorien que mes genoux ne sont pas écrasés sur le siège de devant quand je suis assise, et que je peux reposer ma tête sans qu’elle ne dépasse du siège. La nuit précédente ayant été un peu courte, viva Halloween, le sommeil vient vite. Voyager de nuit ne permet pas d’admirer le paysage magnifique, mais en même temps on a moins peur de tomber dans un ravin ou de se prendre un autre bus quand on dort !

Le jeudi matin, on arrive à Cuenca avec un magnifique soleil. La première mission du jour : trouver un hôtel, alors qu’ils sont tous pleins pour les fêtes de Cuenca qui ont lieu en ces premiers jours de novembre.
Après plusieurs tours dans le quartier, au passage très joli sous ce beau soleil, Camille, une amie française rencontrée ici et momentanément handicapée du genou après une chute dans un trou, décide de se poser un peu. Là, une dame sort providentiellement de son hôtel et demande si l’on est à la recherche d’un hôtel, oui, une chambre pour cinq, c’est exactement ce qu’il nous faut. Les Gringos qui l’occupent sont censés partir, la chambre n’est pas encore libre mais en attendant on peut déposer nos affaires dans un salon. Et surtout prendre une bonne douche, qui réveille juste un peu.


La mission logement étant accomplie, du moins c’est ce que l’on croyait mais la suite viendra plus tard, on part se balader dans le centre de la ville. C’est effectivement très joli, le passé colonial est présent dans chaque pierre et dans chaque couleur.






La Catedral Nueva, située sur la Plaza Calderón, est plutôt étonnante : la façade et les tours sont en briques, et elle est surplombée de plusieurs coupoles. L’intérieur est, en revanche, impressionnant de sobriété, surtout après avoir visité quelques église de Quito, couvertes d’or et de couleurs. Ici le marbre domine, des grandes colonnes un peu roses aux petits autels de marbre blanc, seul l’autel principal est doré. Une petite note fantaisiste tout de même, enfin à mon goût : à l’entrée, une immense statue de Jean-Paul II, qui est venu en 1985, dont le réalisme contraste avec les lignes brutes de la cathédrale.

Lorsque l’on sort, la foule est assise sur les trottoirs de l’une des rues qui mène à la place. Evidemment, on se joint au monde et, sans même savoir quoi, on attend sous ce soleil décidément bien plus réveillé que nous. C’est finalement un peu décevant : j’aurais aimé voir passer une procession religieuse en ce Dia de los Difuntos, et au lieu de ça on a eu droit à un défilé des reines de beauté de tous les quartiers de Cuenca, entrecoupé d’un petit orchestre et de pauvres majorettes en pull et bottes de fourrure qui n’avaient pas franchement l’ai ravies d’être là.
Après un café encore pire que celui du matin, on va traîner sur les rives du Rio Tomebamba, le fleuve principal de Cuenca qui est en fait un petit fleuve de montagne, presque à sec. Une petite foire de l’artisanat est installée, mais on commence franchement à voir les mêmes choses partout.




L’après midi commence par un supposé spectacle de marionnettes qui est en fait avant tout une autre feria d’artisanat et de nourriture typique, même si on arrive après l’heure de l’almuerzo. Après-midi plutôt tranquille, donc, les marionnettes n’étaient pas trop adaptées à notre âge mais elles ont bien fait rire le jeune public, et ça fait beaucoup de bien de voir des enfants rire dans ce pays.

En fin de journée, on trouve un peu par hasard un festival de danses traditionnelles sur une place remplie de monde. Il s’agit en fait d’un concours, ou des indigènes venus de plusieurs communautés rivalisent de couleurs, d’acrobaties et de musiques bien folkloriques. C’est franchement chouette, les couleurs m’ont particulièrement séduite même si le soleil couchant ne m’a pas aidée à prendre de bonnes photos.





Après ça on traîne un peu dans la ville, l’ambiance est plutôt calme à part un concert de mérengué sur la Plaza Calderón, mais visiblement les Cuencanais n’ont pas l’air très motivés pour danser. Le centre n’est donc pas l’endroit pour sortir, en revanche le quartier de l’hôtel est un peu plus animé. Mais ce qui bugge, c’est l’hôtel. Quand on rentre un peu tard, elle nous dit que finalement les Gringos de l’autre chambre ne sont pas partis, mais elle a tout de même fait de son mieux pour nous trouver des lits et un endroit pour servir de chambre. Bon, on n’a que quatre lits pour cinq, et sa chambre est le salon du matin, avec des draps en guise de portes. Et une chambre sans porte, c’est franchement gênant surtout quand les voisines sont des américaines hystériques qui ne comprennent pas bien la nuance entre parler et hurler, elles crient dans tout l’hôtel dès 7h du mat, sans raisons apparentes mais ça a l’air d’être leur façon de communiquer entre elles. Et bien sûr, je passe sur l’unique salle de bains pour tout l’étage, une bonne quinzaine de personnes. On se rend vite compte, en particulier quand on essaye de négocier le prix de la chambre justement parce que ça n’en est pas une, que la chère propriétaire loue en fait sa maison en hôtel et exploite ses fils pour faire le maximum de fric, en profitant évidemment du fait que tous les hôtels de la ville sont plus ou moins pleins et que l’on a pas d’autre option que de rester une nuit de plus.


Mais la journée de vendredi commence tout de même bien, vers midi, avec un super petit déjeuner au Cafecito, le café hôtel juste à côté où l’on s’empresse de réserver pour le lendemain. Nouvelle mission du jour : trouver des places dans un bus pour rentrer à Quito le dimanche soir. Donc, direction terminal des bus et finalement, c’est relativement simple.

Sans trop de plans pour l’après midi déjà un peu avancée, on se dirige vers une feria de comida à l’autre bout de la ville qui est en fait un immense marché avec des quantités impressionnantes de légumes, de fruits inconnus et bien appétissants, de viandes nettement moins appétissantes mais le plus souvent encore vivantes et de quelques produits de la mer arrivés ici après un périple sûrement beaucoup trop long. Et ce cher poissonnier de me prendre pour une idiote quand je lui demande d’où ils viennent : de la côte, me répond-t-il, merci mon ami je me serais doutée que ça ne venait pas de Quito ! Au final, ces crabes à moitié violets viennent de Guayaquil, et c’est toujours trop loin pour que des fruits de mer arrivent frais. Dans un stand on prépare une spécialité nationale, le cuy à la braise ! Pour les incrédules, il s’agit bien d’un cochon d’inde. Ils en raffolent !

Après l’avalanche de nourriture et la foule, on se dirige vers un tranquille petit musée du panamá, le fameux chapeau qui n’est pas fabriqué au Panama mais dans la région de Cuenca. Je n’ai pas retenu suffisamment de choses de la visite pour raconter ici le procédé de fabrication du panama, juste qu’ici ils ne coûtent franchement pas aussi cher que dans nos magasins de chapeaux, avis aux amateurs de couvre-chefs !



Bon, je vais abréger un peu, histoire que ça ne me prenne pas autant de temps de raconter ce week-end que de le vivre. Après un autre marché artisanal un peu plus achalandé et un seco de pollo à 5h de l’après-midi, on traîne un peu dans les rues de Cuenca mais sans vraiment trouver où sont censées se dérouler les noches cuencanas. Le quartier de l’hôtel, où au passage on rencontre des Français en vacances, bouge tout de même un peu et on a du en faire quelques fois le tour.

Le samedi matin n’est évidemment pas très matinal, et après la lutte pour la douche on quitte avec joie l’hôtel de « la vieja posada », qui au passage ne signifie pas la « vieille possédée » comme on l'a longtemps pensé, mais la "vieille auberge"; pourtant elle avait bien une tête de sorcière avec ses cheveux gris hirsutes et son sourire indécollable.

Evidemment, dans l’autre hôtel non plus nos chambres ne sont pas libres, ç’aurait été trop facile, mais ils ont de la place dans un dortoir, c’est beaucoup plus drôle ! Après un autre super petit déj’, vous noterez à quel point le week-end a été gastronomique, direction le terminal terrestre pour trouver un bus vers le Parque Nacional Cajas, à une bonne demi-heure de Cuenca.

On galère un peu mais finalement la chance semble être avec nous puisque l’on trouve par hasard un bus partant dans les 5 minutes ! Mais tout bien réfléchi, vu la conduite absolument suicidaire du chauffeur je ne sais pas si chance est le mot qui convient. On arrive tout de même en vie à l’entrée du parc et grâce à notre nouvelle carte d’identité de demi équatoriennes, et à un peu d’embobinage des gardes parce que seulement Kristell et moi l’avons, on réussit à entrer au tarif équatorien et non touriste, soit 1,5$ au lieu de 10 ! Ca valait la peine de patienter quelques heures aux services de l’immigration pour obtenir la désormais fameuse cédula.

Arrivées en haut, on est dans un autre monde. Le parc est à 3 900m d’altitude, cette fois pas de volcans comme dans le Cotopaxi mais des montagnes et des lagunes. C’est magnifique, même si ce n’est pas complètement nouveau pour moi puisque ça ressemble aux lagunas de Mojanda où je suis allée il y a deux semaines, et qu’évidemment je n’ai pas eu le temps de raconter ici.



Mais c’est tout de même beaucoup plus grand, avec des montagnes dans toutes les directions et une lagune cache derrière chacune d’elle. Il y aurait de quoi passer des jours à marcher dans ce parc, au milieu de cette végétation si particulière, notamment je crois le para du páramo, l’écosystème caractéristique des montagnes andines à ces altitudes. On n’a pas des jours mais on fait tout de même un bon petit tour dans cet environnement bien différent et complètement dépaysant. Bon, les seuls animaux qu’on ait réussi à apercevoir étaient des lapins, désolée pour l’exotisme !

Après ce mini trek court mais bien agréable, retour à Cuenca dans un bus arrêté sur le bord de la route, tout confort et tout vide : le luxe, un bus pour nous quatre ! Je commence ce samedi soir bien fatiguée après notre expédition, mais finalement l’énergie revient pour un mythique jeu de cartes dans notre dortoir.

Et c’est bien fatiguées mais pleines de bonne volonté que l’on entame notre dernier jour à Cuenca, à 8h tout le monde sur le pont et direction, une nouvelle fois, le terminal. Selon les guides, il y a plusieurs petits villages aux environs de Cuenca qui méritent d’être visités pour leurs activités artisanales et leur animation du dimanche.




(si vous cherchez l'animation, elle est en arrière plan!)


Dans le premier, Gualaceo, on trouve en effet un marché grouillant de monde sur une jolie place entourée d’une petite église et d’un joli parc. Le week-end gastronomique continue avec une énorme tranche de piña, de l’ananas mais qui n’a rien à voir avec le fruit un peu fade et acide que l’on mange en France. On croise également un stand du cher candidat Noboa, lequel a solennellement promis de construire 300 000 logements en un an s’il est élu, ce qui fait tout de même 800 par jour ! Mais monsieur ne s’arrête pas à ces considérations logiques et appelle tout citoyen qui a envie d’avoir une maison à lui à venir s’inscrire dans ces petits stands sur la place du marché. C’est tellement affligeant qu’aujourd'hui ça me fait sourire, pourtant ce n’est pas drôle de voir tous ces gens qui attendent pour écrire leur nom sur une liste que personne ne lira jamais.

Le second village, Chordeleg, est réputé pour ses commerces de bijoux en or et en argent à bas prix. En effet, sur la place principale on trouve une église, très jolie de l’extérieure mais immonde à l’intérieur, toute verte, et tout autour des bijouteries et des boutiques pour touristes. Ce n’est peut-être pas cher mais pour ce que j’en ai vu, ce n’est pas non plus très beau donc l’intérêt est déjà bien moindre. Disons que ça ne correspondait pas franchement à nos goûts, les métaux étaient trop travaillés et trop brillants, et l’on s’est donc rapidement éloignées de la place principale pour arriver vers le quartier où le village vit vraiment. Et je crois qu’on était les seules touristes à venir manger un cholaffan à la table de cantine de tous les équatoriens ce jour là.

Le troisième village, Sigsig, qui arrive après une nouvelle sieste en car, est encore moins touristique et il y a encore moins de choses à voir, le seul atelier de fabrication et de vente des panamas n’était ouvert que le matin. Mais on a au moins l’impression de voir réellement l’Equateur, c’est toute cette partie du pays encore un peu étrangère que l’on croise en flânant dans les petites rues pleines de gens vivant leur vie, faisant leurs courses ou rentrant chez eux.

Notre retour sur Cuenca nous montre des paysages magnifiques, et la pluie vient annoncer la fin de notre week-end ensoleillé. On a encore le temps de se promener un peu dans la ville, de traîner dans un énième marché et de s’arrêter regarder des jongleurs, et de déguster un délicieux pie de maracuya, une tarte aux fruits de la passion, avant de monter dans le bus pour Quito.



Et après une petite nuit dans le bus, c’est reparti comme un lundi même si le boulot parait loin et que ce week-end a paru durer bien plus. Enfin, je ne repars pas très longtemps puisque ce mardi je me dirige, justement pour le boulot, vers l’entrée de l’Amazonie, à Puyo puis Tena.

Monday, November 06, 2006

un peu de géographie

Wednesday, November 01, 2006

Hasta la ciudad más linda del Ecuador!

Comme j’ai beaucoup de mal a écrire en revenant de mes week-ends, je vais commencer à écrire avant ! Au moins, tout ne sera pas perdu.

Pour ce long week-end de quatre jours, j’ai prévu d’aller à Cuenca, la troisième ville d’Equateur et la plus belle selon la moitié des Equatoriens et tous les guides touristiques, où l’espagnol n’est pas parlé mais chanté. La ville est presque a l’extrême sud du pays, toujours dans la montagne, à environ 450km de Quito soit une bonne dizaine d’heures de bus. En France, nous n’apprécions pas à leur juste valeur les autoroutes et le TGV ! Je rêve d’un Le Mans – Aix, 1000km en moins de 5h ! ! !

Mais passons. Il parait que la route, que l’on nomme « l’Avenue des Volcans » est magnifique, mais malheureusement je la ferai de nuit, pour ne pas perdre des journées dans le bus. Quatre jours, ce n’est pas si long, mais je dois en profiter parce qu’ici les vacances sont rares.

Au passage, pourquoi ce long week-end ? Ici le premier novembre, « Día de los Santos », notre Toussaint, n’est pas férié et assez peu célebré. En revanche le 2, « Día de los Difuntos » ou « de los Muertos », le jour des morts, est une des fêtes religieuses les plus importantes dans toute l’Amérique Latine. Au Mexique en particulier, mais je me contenterai de l’Ecuador ! On se rend dans les cimetières, en particulier dans les zones rurales, et l'on partage avec les défunts les guaguas de pan et la colada morada. Les premiers sont des brioches en forme d'enfants, "guaguas" en kichwa, et fourrées de marmelade; et la colada est une sorte de purée de fruits servie chaude, qui peut être délicieuse oú écoeurante selon qui la prépare! Celle que la maman de ma collègue nous avait préparée et nous a gentiment fait parvenir au bureau était excellente...
Et le 3 novembre, c’est le jour de l’indépendance de Cuenca, donc férié également et c’est l’occasion de festivités dans la ville.




guaguas de pan y colada morada sur une riche table équatorienne...

Voilà, le décor est planté. J'essairai d'en raconter un peu plus à mon retour...